La fabuleuse histoire du corbeau,
vous savez, c'est ainsi que l'on nomme
l'auteur de lettres anonymes.
Jean Véronis a enqueté pour retrouver son origine.
http://aixtal.blogspot.com/2006/05/lexique-le-tigre-et-le-corbeau.html
Voici un petit résumé:
Une comparaison d'un cerveau humain, entre l'apparence d'un homme,
et l'oiseau noir a été le point de départ de l'histoire.
Cet homme étant journaliste, son article a favorisé la replication
de cette comparaison dans les esprits.
Quelques temps après, un film réutilise cette comparaison.
Le titre est "le corbeau", et il est question de lettres anonymes...
Quelques apparitions dans les dictionnaires,
quelles autres "affaires" médiatiquement reprises...
et le sens gagne encore en universalité.
On pourrait croire que le support, le média fait tout.
Que c'est par la force des médias que la propagation est la plus efficace.
Mais ce serait oublier de reconnaitre notre petitesse.
Faire de l'histoire, du journalisme, de la socio, etc...
en oubliant que l'on ne peut travailler qu'avec des "données".
Croire que la cristalisation mémétique sur des supports est "tout",
serait la faute la plus grande que l'on puisse faire.
En effet, n'ayant pas les moyens d'observer chaque cerveau,
surtout il y a des décenies, on ne peut que voir les traces laissées
sur des supports non détruits. On ne peut facilement dire :
avant le film, corbeau ne voulait pas encore dire cela.
On ne sait pas, et il faut l'accepter.
Dans la propagation de la grippe aviaire (le mème, pas la maladie),
les journalistes ont joué un rôle certain. Mais les conversations,
blagues, allusions, du domaine du bouche à oreilles, tout autant !
Il existe des tas de choses que l'on absorbe en provenance des médias,
qui n'arrivent pas à émerger dans les conversations courantes.
Je n'ai malheureusement pas d'exemple en tête,
et je doute qu'il existe un outil de mesure du buzz efficace.
D'ailleurs, pourquoi ai-je choisi de parler de grippe aviaire,
et non pas de Noël, de coupe du monde, ou autre ?
Les questions en pourquoi on toujours été les plus difficiles.
Pourtant, c'est les réponses aux pourquoi, qui expliquent
une bonne partie du comment de la mémétique :
si l'on adhère à quelque chose plutôt qu'à une autre,
c'est souvent lié à nos valeurs, ou à des adhésions plus anciennes.

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